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« Pour cesser de consommer de la drogue, il faut d'abord le vouloir ».

« Pour cesser de consommer de la drogue, il faut d'abord le vouloir ».
Certains utilisateurs qui se trouvent encore dans la seule phase de plaisir croient « contrôler leur consommation », « ils arrêtent quand ils veulent » assurent-ils. Mais, inconscients des effets des drogues, ils ignorent que ces substances peuvent durer des jours dans le corps et l'effet de manque peut ne pas être senti car il est masqué. La dépendance existe, s'ils arrêtent quelques jours c'est qu'ils ont encore dans leur sang ce qui peut « les faire tenir », ce n'est qu'en essayant réellement d'arrêter qu'ils peuvent découvrir leur vraie situation de toxicomanie.
Mais comment avoir la motivation nécessaire pour s'arrêter ?

D'abord et avant tout, l'utilisateur ne doit plus croire qu'il contrôle sa consommation. En revanche, il doit prendre conscience des effets néfastes de la drogue, tant sur sa santé physique que psychique, et également des problèmes financiers liés à l'addiction et de la déchéance qu'elle entraîne.

Le rôle de la famille et des amis est ici primordial. Car il est difficile de sortir de la toxicomanie, cela ne consiste pas uniquement en l'arrêt de l'usage de drogues, c'est plutôt cesser d'évoluer dans un mode de vie lié aux effets de la consommation et qui a donné naissance à des habitudes « ancrées » dans la personnalité.

À l'occasion de ce mois sacré du Ramadan, on s'attache moins à sniffer ou gober ces substances, mais dès la veille de l'âid, on se lâche d'une manière phénoménale. « Les musulmans » se montrent pieux juste quelques jours- quelques heures seulement pour certains- ils oublient que ce mois est fait pour la réflexion, pour pousser sa spiritualité au-delà des petits plaisirs. Ils jeûnent mais ne saisissent pas cette chance pour s'améliorer. Dans le cas du toxicomane, il peut gagner un bon temps pour accélérer sa guérison.

Ce but ne peut être atteint sans avoir compris auparavant les causes qui ont poussé à la dépendance. Tant que ces problèmes existent, aucune évolution n'est espérée. Je pense souvent à ces jeunes qui vivent dans les quartiers les plus pauvres de la ville, ceux qui sont assommés par la misère et qui n'envisagent jamais arrêter la consommation car ils n'ont pas la force de le faire. Leur situation me rappelle toujours « L'Assommoir » de Zola, cette critique de la société par biais de tableaux naturalistes qui peignent la vie ouvrière, le sort héréditaire des ouvriers, « l'odeur » du peuple parisien. Ce qui retient le plus mon intérêt, c'est que le récit présente une littérature à coup de poing, il est un fragment de « L'histoire naturelle et sociale d'une famille sous le second empire ». En faisant des comparaisons, je me suis rendu compte que les parisiens du dix-neuvième siècle vivaient comme vivent les gens des quartiers pauvres de notre ville au vingt et unième siècle. Je pense à la figure que peut avoir « Lantier » (Protagoniste du roman) se réveillant le matin ayant une gueule de bois ; cette figure existe ici partout dans les ruelles, dans les bus! Je pense à ces jeunes qui se battent entre eux à mort pour un sachet d'eau de vie, et qui « rendent tripes et boyaux » juste après, tel « Coupeau » lors de son delirium tremens. Je pense à ces cachets, à ces pilules, à cette « eau » qui passe du « casse-gueule » au « casse poitrine » et finit par devenir un « casse cerveau ». Je me demande bien est-ce que chez nous ce n'est pas également une question d'hérédité ?!

Ne pas avoir un centre de désintoxication dans la région ou au moins un centre d'aide aux toxicomanes s'avère honteux. À cela s'ajoute les compagnes de publicité qui sont scandaleusement absentes, alors qu'elles doivent normalement être diffusées au public ou au moins sensibiliser les jeunes dans le milieu scolaire afin de concrétiser un proverbe simple mais ô combien révélateur : « prévenir vaut mieux que guérir » !
# Posté le dimanche 27 novembre 2005 10:14

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